Des banderoles électorales sont accrochées à la façade d'un immeuble lors d'un rassemblement du Parti nationaliste du Bangladesh (BNP) avant les élections générales du pays à Dhaka, le 8 février 2026 ( AFP / Sajjad HUSSAIN )
Dernières poignées de main, ultimes réunions publiques et paroles finales: les partis achèvent lundi leur campagne pour les élections législatives du 12 février au Bangladesh, les premières depuis la chute de l'ex-Première ministre Sheikh Hasina à l'été 2024.
Plus de 127 millions d'électeurs sont appelés jeudi aux urnes pour élire les 350 membres du Parlement, au terme d'une transition d'un an et demi agitée par les difficultés économiques et les tensions politiques.
Le parti de Mme Hasina déclaré hors-la-loi, ses deux principaux rivaux, le Parti nationaliste du Bangladesh (BNP) et les islamistes du Jamaat-e-Islami, sont présentés comme les grands favoris du scrutin.
Dans un quartier de la capitale Dacca au cœur des émeutes qui ont fait tomber la "bégum de fer", le chef du Jamaat, Shafiqur Rahman, a repris dimanche le flambeau des manifestants et promis d'éradiquer la corruption.
"Une partie des opprimés s'est changée en oppresseurs dès le lendemain du 5 août (2024)", a-t-il lancé devant des milliers de partisans. "Les gens ordinaires, les commerçants et même les mendiants en ont assez!"
Shafiqur Rahman, chef du parti Jamaat-e-Islami, s'exprime lors d'un rassemblement de la coalition dirigée par le Jamaat avant les élections générales au Bangladesh, à Dhaka, le 8 février 2026 ( AFP / Sajjad HUSSAIN )
Longue barbe blanche débordant sur son qamis de même couleur, Shafiqur Rahman, 67 ans, a connu la prison sous le règne autocratique de Sheikh Hasina (2009-2024) et espère profiter du retour en force de son parti sur la scène politique bangladaise.
En cas de victoire, il espère prendre la tête du premier gouvernement islamiste de l'histoire du pays.
Le Jamaat-e-Islami a pris la tête d'une coalition qui inclut le nouveau Parti national des citoyens (NCP), fondé par une des figures de la contestation, Nahid Islam.
"Si vous m'élisez, je me consacrerai entièrement au développement de ce quartier", a-t-il lancé dimanche sur la même estrade que le Dr Rahman. "Vive la révolution!", "Liberté, liberté!", a répondu la foule.
- "L'un des nôtres" -
Au milieu de cette assemblée presqu'entièrement masculine, Mohammed Harun, 65 ans, dit ne plus avoir voté depuis 17 ans. "Nous voulons vivre en paix et heureux. Et ça, je crois que seul un gouvernement du Jamaat peut nous l'assurer."
Les partisans de la coalition dirigée par le parti Jamaat-e-Islami brandissent le drapeau national du Bangladesh lors d'un rassemblement avant les élections générales du pays à Dhaka, le 8 février 2026 ( AFP / Sajjad HUSSAIN )
"On a vu passer beaucoup de dirigeants d'autres partis", a renchéri Abdullah al-Rahat, un étudiant de 21 ans, "ceux du Jamaat sont les seuls honnêtes et humbles".
Même ferveur, même sonorisation assourdissante et même joyeuse cohue quelques heures plus tard à Mirpur, un autre quartier de la capitale, lorsque le chef du BNP Tarique Rahman fait son entrée sur scène, protégé par l'unité d'élite de la police bangladaise.
Micro en main, il a refusé de s'en prendre à son rival islamiste, dont des propos sur la place des femmes ont nourri l'inquiétude pendant la campagne. "Ca ne changera rien au sort des Bangladais", a plaidé le candidat.
Tarique Rahman, 60 ans, a préféré dérouler ses plans sur l'éducation des filles, l'aide sociale ou le soutien aux agriculteurs ou aux travailleurs migrants.
Le chef du Parti nationaliste du Bangladesh (BNP), Tarique Rahman, s'adresse à ses partisans lors d'un rassemblement électoral avant les élections générales du pays, à Dhaka, le 8 février 2026 ( AFP / Sajjad HUSSAIN )
Fils de l'ex-Première ministre Khaleda Zia, il a quitté prestement son exil britannique - il vivait à Londres depuis 17 ans - à sa mort le mois dernier pour reprendre le flambeau de la dynastie politique familiale, et la tête de la campagne du BNP.
"Son candidat (dans cette circonscription) est l'un des nôtres", a souligné, enthousiaste, l'un de ses partisans, M.A. Rahman, un fonctionnaire à la retraite de 76 ans. "Il sait nos espoirs et nos peines, il comprend les problèmes auxquels nous sommes confrontés au quotidien".
Les deux principaux prétendants au poste de Premier ministre doivent multiplier les réunions publiques tout au long de la journée de lundi à Dacca, et s'exprimer en soirée une dernière fois à la télévision nationale.
De son exil indien, Sheikh Hasina n'a donné aucune consigne de vote aux électeurs de son parti, la Ligue Awami, qui détenait l'écrasante majorité des sièges dans le Parlement dissous à sa chute.
Leur participation et leur choix constituent l'une des principales inconnues du scrutin de jeudi.

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